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La réversibilité des bâtiments : de quoi s’agit-il ?

La réversibilité des bâtiments : de quoi s’agit-il ?

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L'évolution constante des besoins urbains et des modes de vie poussent les architectes à concevoir des bâtiments toujours plus flexibles et modulables. Parallèlement à cela, les constructions nouvelle génération tentent aussi de répondre aux problématiques environnementales en réduisant au maximum leur empreinte carbone.

 

Dans ce contexte, le concept le plus poussé de construction adaptable est aujourd’hui celui de la réversibilité des bâtiments. Il permet d’obtenir des ouvrages transformables plusieurs fois en fonction des usages souhaités. 

 

 

Sommaire :

 

1. Qu’est-ce que la réversibilité des bâtiments ?

  • a. Définition
  • b. La réversibilité : pilier de l’économie circulaire

2. Les principes d’architecture pour assurer la réversibilité des bâtiments

  • a. Concevoir un ouvrage aux multiples usages
  • b. Privilégier les plateaux libres
  • c. Assurer l’indépendance des éléments
  • d. Réfléchir au coût global de la construction

3. Les freins à la réversibilité des bâtiments

 

 

1. Qu’est-ce que la réversibilité des bâtiments ?

 

Définition

La réversibilité des bâtiments est un concept architectural ayant pour but de concevoir des constructions multi-usages. Ainsi, une fois construit, un bâtiment réversible peut être utilisé aussi bien comme bureaux ou comme logements sans nécessiter de transformation lourde pour passer d’un usage à l’autre. 

 

Ce concept tente de répondre à une évolution rapide des aménagements urbains, des modes de vie et de travail. Dans de nombreux centres-villes, des surfaces conséquentes de bureaux sont vacantes alors que dans le même temps, les habitants font face à une pénurie de logements. La solution de réadapter les bâtiments individuellement est bien sûr envisageable mais elle dresse un constat accablant : il est parfois plus économique de démolir et reconstruire plutôt que de rénover.

 

En effet, les travaux de rénovation sont de plus en plus coûteux en raison de configurations structurelles inadaptées et les réglementations sont différentes pour chaque usage (issues de secours, isolation acoustique, etc…). Tout est à repenser à chaque nouvelle réhabilitation.

 

Face à cette réalité, l’objectif des bâtiments réversibles est le suivant : prolonger la durée de vie des bâtiments en autorisant plusieurs fois des mutations « simples » de leurs usages. Une architecture durable visant à réduire l’empreinte carbone de l’acte de construire. L’idée est de lutter efficacement contre l'obsolescence de plus en plus rapide de bâtiments aux usages trop spécifiques

 

 

La réversibilité : pilier de l’économie circulaire

La réversibilité des bâtiments s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire. La prolongation de la durée de vie des ouvrages représente même l’un des piliers fondamentaux de cette logique. Associé à une bonne gestion des déchets et à un approvisionnement responsable des matériaux, le principe de réversibilité répond pleinement à un objectif de construction durable.

 

D’autres niveaux d’éco-conception (moins poussés que la réversibilité complète) participent à renforcer une économie circulaire dans le domaine de la construction :

 

  • La démontabilité : elle privilégie le démontage non destructif des éléments constitutifs d’un bâtiment. Elle limite les travaux de démolition lors de rénovations ou en fin de vie de l’ouvrage. 
  • La modularité : c’est une conception flexible autorisant des modifications d’aménagement sans travaux lourds.
  • L'hybridation : elle permet une réversibilité progressive grâce à un espace libre non conçu pour un usage particulier.
  • La transformation : il s’agit de travaux de restructuration classiques dans le cadre d’une rénovation pour changer l’affectation du bâtiment. La réhabilitation prolonge la durée de vie d’un ouvrage mais implique souvent des travaux assez lourds et coûteux.

 

 

2. Les principes d’architecture pour assurer la réversibilité des bâtiments

 

Concevoir un ouvrage aux multiples usages

Pour qu’un changement d’affectation soit possible sans travaux lourds, le bâtiment doit être imaginé dès les études de faisabilité comme étant multi-usages. Cela implique à la fois une volonté forte du maître d’ouvrage, une évolution des habitudes de conception des équipes de maîtrise d'œuvre et une collaboration forte entre tous les acteurs du projet. 

 

Le résultat obtenu après la conception d’un bâtiment réversible est un ouvrage relativement atypique, ne ressemblant ni à des logements, ni à des bureaux classiques. Il est par exemple envisageable de trouver des goulottes électriques dans chaque logement en remplacement des prises traditionnelles (en vue de leur transformation en locaux tertiaires). 

 

Dès la conception, il est essentiel de déterminer au plus tôt le bon degré de réversibilité attendu par chacune des parties. Quelle est la quantité de travaux acceptable au moment d’un futur changement d’affectation ? Quelles concessions le maître d’ouvrage est-il prêt à accepter dans le cadre de son usage initial (un promoteur faisant construire des logements réversibles par exemple) ? Comment intégrer et anticiper au mieux les besoins futurs ?

 

 

Privilégier les plateaux libres

La réversibilité implique la conception de bâtiments structurellement évolutifs. L’objectif est de pouvoir transformer l’affectation d’une construction sans modifier l’enveloppe du bâtiment et sans faire intervenir d’entreprises de gros œuvre. Ce sont principalement les artisans du second œuvre qui seront mobilisés pour assurer la réversibilité des bâtiments. Idéalement, une transformation totale inférieure à 30% des composants assurerait une réelle réversibilité.

 

La solution « poteaux/poutres » est la conception architecturale offrant le plus de libertés d’aménagement. Elle propose ainsi des plateaux libres de tout élément structurel gênant comme les murs de refends par exemple. Les murs porteurs à l’intérieur d’un bâtiment représentent en effet des contraintes qu’il est préférable de supprimer dans le cadre d’un bâtiment réversible. 

 

De la même manière, les façades doivent être pensées de manière à éclairer l’intégralité des pièces, quelle que soit la distribution intérieure. Il peut alors être préférable de concevoir une construction aux multiples expositions, composée d’ouvertures aux dimensions homogènes et suivant un rythme régulier en façade. De cette manière, seules les menuiseries extérieures seraient à remplacer lors d’un changement de destination, sans nécessiter d’ouvertures dans des éléments porteurs.

 

 

Assurer l’indépendance des éléments

S’adapter à différents usages ou à des évolutions de réglementations demande de pouvoir démonter facilement les différents équipements et couches de revêtements de l’ouvrage. Remplacer un isolant, une menuiserie ou déplacer une cloison sont des actions qui doivent pouvoir être menées sans endommager les éléments constitutifs du bâtiment

 

Il est donc indispensable de réfléchir à des assemblages démontables ou bien à des systèmes assurant l’indépendance des différentes couches. À défaut de pouvoir désinstaller des éléments, il est préférable d’opter pour des mesures conservatoires pouvant à la fois répondre à des besoins de logements ou de bureaux.

 

 

Réfléchir au coût global de la construction

L’une des principales difficultés à prendre en compte lors de la conception d’un bâtiment réversible est l'aspect économique de la construction. Le coût de construction initial est à évaluer, mais pas seulement. Raisonner en coût global (étudier le cycle de vie de l’ouvrage) est également indispensable. Voici quelques exemples de questions à se poser :

 

  • Comment investir aujourd’hui pour limiter les coûts d’exploitation du bâtiment dans l’avenir ? 
  • Quels choix techniques peuvent permettre de réduire le prix des travaux de rénovation au moment d’un changement d’affectation ? 
  • Comment trouver le bon équilibre dans la gamme des équipements choisis? Ils se doivent d’être performants, sans demander d’investissement financier trop important (éventualité qu’ils soient remplacés rapidement).

 

Pour répondre efficacement à ces interrogations, un travail de collaboration doit être mené entre les architectes, les économistes de la construction et les entreprises réalisant les travaux.

 

 

3. Les freins à la réversibilité des bâtiments

 

Les bâtiments réversibles ont pour objectif de construire en anticipant au mieux les besoins futurs, sans avoir à déconstruire. Or, nos bâtiments deviennent obsolètes de plus en plus tôt en raison de l’évolution permanente et toujours plus rapide des modes de vie. Il est alors impossible d’anticiper fidèlement aujourd’hui nos besoins dans les prochaines décennies. Il en est de même avec l’évolution du cadre réglementaire du BTP. Quelles seront les exigences environnementales, acoustiques et thermiques dans l’avenir ? Une marge d’erreur reste donc inévitable lors de la conception des ouvrages.

 

Un bâtiment multi-usages suppose également un aménagement atypique devant convenir au mieux à toutes les configurations possibles. La difficulté d’une telle conception réside principalement dans le fait de faire des choix architecturaux hybrides, sans pour autant induire de « non-qualité » pour chaque usage. En d’autres termes, lorsque le bâtiment abrite des logements, toutes les fonctions principales d’une habitation doivent être assurées de manière confortable. Le fait de pouvoir construire un jour des bureaux ne doit pas venir amoindrir la qualité des prestations.

 

Si l’architecture réversible apparaît comme une réponse sérieuse à de nombreuses problématiques (réduction de l’empreinte carbone de l’acte de construire, lutte contre la crise du logement, adaptabilité des bâtiments), ce concept prometteur n’en est encore qu’à ses débuts. Une réflexion sur un modèle de bâtiment réplicable et/ou une forte volonté des maîtres d’ouvrage (publics ou privés) pourraient par exemple aider à développer cette nouvelle forme d’architecture plus durable.

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